Depuis combien de temps pratiquez-vous la photo ?

Je pratique la photo depuis maintenant 7 ans. J'ai commencé à 10 ans, par prendre en photo tout ce que je voyais, puis petit à petit j'ai commencé à faire une sélection du réel.

Qu'est-ce qui vous a amené à faire de la photo ?

L'envie de laisser une trace, d'immortaliser tous les moments intéressants que je vois autour de moi. Le côté instantané, la part de réel tout en sachant très bien qu'un moment unique ne pourra jamais retranscrire totalement la complexité d'une situation. J'aime l'idée qu'il y a du beau partout, qu'il faut seulement le chercher. J'ai été très impressionné dans mon enfance par les photos de guerre, et par la photographie humaniste, plus particulièrement par des photographes comme Robert Doisneau, Steve Mc Curry, Henri Cartier-Bresson, Nan Goldin.

De quelle façon pratiquez-vous la photo ?

J'ai toujours un appareil sur moi, parce que j'ai souvent été frustré de ne pas être équipé quand de beaux moments se présentaient. Je cache mon appareil sous ma veste, afin que les personnes que je photographie ne changent pas d'attitude à la vue de mon appareil. Je prends très rapidement la photo, ne cherchant pas à faire une photo brute parfaite. Il m'arrive simplement de sous-exposer ou surexposer de temps en temps. Je travaille à la focale fixe (essentiellement au 28mm f1.8) en priorité ouverture, en shootant en raw pour avoir plus de possibilités de post-traitement. Puis une fois rentré chez moi je décharge mes photos sur mon ordinateur portable et je commence le tri, puis le post-traitement de mes photos. Ce sont essentiellement des retouches de courbes et de balances de couleurs. Je n'essaie pas d'avoir une photo parfaite à la prise de vue, le résultat final est plus important que la prestation technique. N'utilisant que des focales fixes, je privilégie le rapport direct avec le sujet, quitte à m'approcher près de celui-ci. Les réactions sont diverses, mais je n'ai jamais eu de vrais problèmes avec la photo dite « de rue ».

Quand vous prenez une photo quel est le point le plus important, sur lequel vous vous focalisez ?

L'instant. Je me concentre afin de saisir le " bon moment " parce que je ne peux pas me permettre de faire 100 photos, le sujet me remarque très vite, et j'attache beaucoup d'importance au côté transparent du photographe, je ne veux surtout pas intervenir dans les scènes que je prends en photo, je ne fais que passer.

Quel est le lieu que vous préférez shooter ?

Les rues de Paris bien entendu ! Il s'agit surtout d'endroits où je peux trouver des personnes en pleine action. J'aime le Quartier Latin parce qu’il est plein de vie, des millions de passages à l'heure, et donc beaucoup de belles photos à prendre.

Pourquoi avez-vous choisi d'être alpha testeur pour Eyeka ?

Pour l'expérience, pour les contacts qu'Eyeka pourrait m'apporter, pour voir le travail d'autres photographes et pour avoir des avis sur mon travail. C'est très dur de ne pas se refermer dans sa propre autosatisfaction, et j'ai souvent besoin d'un avis objectif pour progresser.

Que pensez-vous de ce type de plateforme de partage de contenu et de l'émergence du contenu amateur dans les médias?

Je fréquente beaucoup les foras, particulièrement la section photo du forum Café Salé. Je passe beaucoup de temps à admirer le travail des autres et je pense que les plateformes sont parfaites pour rencontrer des artistes de talents. L'émergence de contenu amateur a permis à des artistes talentueux et motivés de progresser bien plus vite que s'ils étaient restés dans leur sphère « amico-familiale ». C'est une très bonne chose mais cela accroit énormément la compétition.