Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la photo ?
 
Au départ, il y a quatre ou cinq ans, j’étais complètement anti-photo, je n’aimais pas la photo car pour moi les souvenirs devaient rester dans la tête, et les photos diminuaient leur intensité. Mais en préparant un voyage, je me suis acheté un petit appareil à 2 Mpx. J’ai tout de suite adhéré parce qu’avec le numérique le résultat apparaît directement, c’est instantané et interactif. Alors je m’y suis mis et je suis passé au réflex : un canon EOS 300 D. Je n’y connaissais rien à l’époque, mais maintenant, pour moi le réflex devient une drogue. En plus, avec les objectifs, on peut vraiment donner beaucoup plus de profondeur à une image, lui donner un sens.

De quelle façon pratiques-tu la photo ?

Mon appareil ne me quitte jamais, mais je ne le sors pas forcément tous les jours. Pour que je le sorte il faut que quelque chose attire mon attention quand je me ballade: un personnage, une couleur, une ambiance. L’autre jour, c’était un marchand de journaux dans son kiosque qui était totalement immobile, ou encore, à Barbès en fin de journée, un vieux dans son magasin vide, fatigué et appuyé sur sa canne.

Quand tu prends une photo quel est le point le plus important sur lequel tu te focalises ?

L’esthétique et la perspective, même si je ne suis pas influencé par un courant particulier. Ce qui m’influence, c’est ce que je vois dans la rue. A chaque fois que je prends une photo, je me focalise sur mon sujet et celui que je préfère traiter c’est la rue, le côté urbain, street life, l’ambiance, le métro...
 
Quel est le lieu que tu préfères shooter ?

A Paris, ce que je préfères shooter c’est la ligne aérienne du métro, parce qu’il y a deux dimensions : le métro et la ville. C’est beau qu’il y ait plusieurs niveaux que ce soit lorsque l’on est dans le métro et qu’on voit la ville en dessous ou l’inverse lorsque l’on voit la rame aérienne depuis le trottoir. Les squats de graffitis ou les coins un peu glauques éclairés par les phares d’une voiture qui passe sont aussi des éléments très photogéniques de la ville. En fait pour que ça me plaise, il faut qu’il y ait du mouvement, de la perspective ou une ambiance.

Pourquoi as-tu choisi d’être testeur pour Eyeka ?

Parce que l’émergence du contenu amateur est un phénomène énorme! Bild [un magazine people allemand, Ndlr] a même lancé une sorte de carte de presse pour les gens de la rue qui prennent des photos. Et si leurs photos sont publiées, ils touchent 500 euros. Moi-même j’ai le projet de vendre mes photos. La rédaction d’un supplément du magazine du ministère de la culture a récemment voulu m’acheter la photo d’un danseur prise lors de Paris hip hop. J’ai trouvé cela tellement gratifiant que quelqu’un la veuille ! Par contre, même si on m’achetait plus souvent des photos je ne voudrais pas en faire un métier. La photo ce n’est qu’une passion. Mais les médias qui se servent de plus en plus du contenu amateur apportent une gratification de plus à cette passion.
 
Ceux qui sont déjà alpha testeurs peuvent voir l'intégralité des photos de Markcoxx sur le site eyeka.com, pour les autres, voici une petite sélection et le lien vers son site personnel...