Le flou a toujours posé problème à la photographie comme au cinéma. D'abord considéré comme un défaut, il est peu à peu apparu comme une opportunité. Comme le montre ici Arno, le flou a quelque chose d'étrange et de mystérieux, c'est précisément pour ça qu'il est intéressant. Parce qu'il insuffle du temps dans la photo, qu'il indique que quelque chose à un moment donné est passé, a existé dans l'image. Le flou renvoie toujours à un mystère de la présence, à la question de la trace. Blow up fait de ce mystère le noeud d'un drame simple mais redoutablement efficace. Le drame dans l'histoire, n'étant peut-être pas que quelque chose existe ou n'existe pas, mais simplement qu'il passe.

Matthieu